Crise de gouvernance à l'AAC : le Conseil d’administration accusé d’usurper les pouvoirs de la Direction générale

L’Autorité de l’aviation civile congolaise (AAC) traverse une grave crise de gouvernance. Des agents de l’entreprise publique, sous le couvert de l’anonymat, dénoncent une usurpation systématique des prérogatives de la Direction générale par le Conseil d’administration (CA), qu’ils accusent de vouloir concentrer l’ensemble des pouvoirs.

Crise de gouvernance à l'AAC : le Conseil d’administration accusé d’usurper les pouvoirs de la Direction générale

‎Au cœur des critiques : l’élaboration du cadre organique de l’institution, qui serait actuellement menée directement par le CA, contournant ainsi les compétences exclusives de la Direction générale.

‎« C’est illégal et inédit. Le cadre organique relève de la Direction générale ; le Conseil est là pour l’approuver, pas pour le rédiger », s’indigne un cadre de l’entreprise.

‎Des mandataires pointés du doigt

‎Selon les témoignages recueillis, le président du Conseil d’administration, Désiré Muwala Bol’makob, serait le principal instigateur de cette manœuvre. Il est épaulé par d’autres mandataires, dont :

‎· Henry Itoka, ancien député provincial de Kinshasa, décrit par le personnel comme l’un des artisans de cette dérive ;

‎· Hyppolite Mwaka, ancien Directeur général adjoint de l’AAC, actuellement Directeur des ressources humaines. Sa connaissance approfondie de l’institution lui permettrait de faciliter les actions du Conseil au détriment de la Direction générale.

‎« M. Mwaka use de sa position pour régler des comptes avec certains agents et cadres. Il a récemment poussé à la retraite anticipée plusieurs directeurs, alors que l’entreprise avait encore besoin de leur expertise. Tout cela pour permettre au PCA et à ses alliés d’engager des proches », dénoncent les agents, qui réclament son départ : « Il est temps de mettre hors d’état de nuire Hyppolite Mwaka. »

‎Une exploitation de la faiblesse du Directeur général

‎Les dénonciateurs affirment que cette offensive survient alors que le Directeur général, M. Tshiumba, souffre d’une santé fragile, ce qui fragiliserait la direction exécutive.

‎Par ailleurs, une autre administratrice est visée : Mme Mamitsho Pontshi, également Directrice générale adjointe de Congo Airways. Sa double casquette est jugée problématique, Congo Airways étant à la fois exploitant et régulé par l’AAC. Au-delà du conflit d’intérêts, elle est accusée de participer activement à la zizanie au sein de l’entreprise.

‎« L’AAC est un organe technique. On ne peut pas y nommer n’importe qui ni mélanger les rôles », martèle un agent.

‎Face à ce qu’ils qualifient de « coup de force », les agents de l’AAC lancent un appel solennel au Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, à la Première ministre, Judith Suminwa, et au Vice-Premier ministre en charge des Transports, Jean-Pierre Bemba.

‎Ils lui demandent d’intervenir personnellement pour « trancher et rétablir l’ordre » au sein de cette institution stratégique pour la sécurité aérienne en RDC.

‎« Nous ne réclamons que le respect de la loi. L’AAC ne doit pas devenir un champ de bataille politique », concluent-ils.