À New-York, Judith Suminwa porte la voix des victimes de violences sexuelles dans l'Est de la RDC et plaide pour des sanctions contre leurs auteurs
En séjour de travail à New-York, aux États-Unis, la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a multiplié des rencontres diplomatiques. Elle a notamment échangé avec la responsable de l'ONU sur les violences sexuelles liées aux conflits, dénonçant le rôle du Rwanda et appelant à des sanctions internationales.
En marge de la de la 70e session de la Commission de la femme, Judith Suminwa a eu un entretien crucial avec Pramila Patten, Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit. A cœur de leurs échanges : la situation dramatique des femmes dans l'Est de la RDC.
Face à la diplomate onusienne, la cheffe du gouvernement a dénoncé avec force les violences systématiques infligées aux femmes et aux filles depuis des décennies dans les provinces orientales. Elle a directement mis en cause l'occupation illégale du Rwanda et ses supplétifs du M23/AFC.
Si les deux parties ont reconnu des avancées dans la prise en charge des victimes en RDC, elles ont souligné l'urgence d'intensifier la sensibilisation et la prévention de ces crimes.
Dans des déclarations à la presse, Suminwa a lancé un appel ferme à la communauté internationale pour qu'elle impose des sanctions aux pays et aux groupes armés impliqués dans ces atrocités.
"Il faut que la justice fonctionne, il faut que des sanctions soient prises, il faut que les femmes qui subissent ces violences aient accès à la justice... Chez nous, nous avons commencé ce processus avec notamment le FONAREV, mais les pays ou les groupes armés qui commettent ces exactions doivent également être sanctionnés », a-t-elle insisté.
La Première ministre a également mis en lumière les progrès accomplis en RDC en matière de droits des femmes sous la mandature du président Félix Tshisekedi.
"Notre Constitution, dans son article 14, parle de la parité, mais cette parité est un processus. Nous avons aussi le Code de la famille qui a été modifié : les femmes n'ont plus besoin de l'autorisation maritale pour travailler. Avec l'arrivée du Président Félix-Antoine Tshisekedi, nous avons vu la nomination d'une femme Première Ministre, et le taux de femmes au sein du Gouvernement a augmenté. Nous étions à 21 % en 2021, aujourd'hui nous sommes à 32 %. C'est une victoire", s'est-elle félicitée.
Plutôt dans la matinée de mardi, Judith Suminwa avait pris part à un déjeuner offert par le Président des Philippines, Ferdinand Marcos Jr. Les Philippines, qui briguent un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité de l'ONU, cherchent à obtenir le soutien de la RDC. Lors de cette rencontre, la question de la protection des femmes et des enfants en zone de conflit a également été abordée.
Ces différentes rencontres diplomatiques s'inscrivent dans la stratégie de la cheffe du gouvernement congolais pour maintenir une pression constante et poursuivre son plaidoyer en faveur d'une paix durable et de la sécurité dans l’Est de la République démocratique du Congo.





