Révision constitutionnelle : la CENCO valide le principe mais met en garde contre un débat "hasardeux" en contexte de crise sécuritaire
La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a exclu toute révision de la Constitution dans un contexte de crise en République démocratique du Congo (RDC). Les prélats catholiques ont exprimé leur position lors d'une conférence de presse animée ce jeudi 26 mars par leur porte-parole, Monseigneur Donatien Nshole, marquant la fin de la session extraordinaire de l’Assemblée plénière tenue à Kinshasa du 23 au 25 mars.
Dans leur déclaration finale, les archevêques et évêques catholiques jugent constitutionnel le principe de la révision de la Loi fondamentale du pays, mais estiment hasardeux l'ouverture de ce chapitre en ce moment, en raison de la crise sécuritaire qui prévaut dans l'Est.
"Le principe de la révision de la Constitution est constitutionnel, parce que nous sommes dans le respect de l’ordre constitutionnel. La Constitution elle-même prévoit les modalités de sa révision. La Constitution, elle-même, prévoit les articles qui ne peuvent pas être révisés. Les évêques se prononcent par rapport à l’opportunité, aux circonstances. Pour les évêques de la Cenco, dans le contexte sécuritaire actuel, ce serait hasardeux d’ouvrir ce chapitre-là de la révision de la Constitution dans un contexte qui n’est pas consensuel", a insisté Monseigneur Donatien Nshole.
Par ailleurs, les prélats catholiques ont réaffirmé le fondement doctrinal de leur engagement public. S’appuyant notamment sur la constitution pastorale Gaudium et Spes (n° 76), ils rappellent que l’Église dispose du droit de porter un jugement moral sur les affaires relevant de l’ordre politique, lorsque les droits fondamentaux sont en jeu.
Tout en prônant l’indépendance mutuelle entre la communauté politique et l'Église ils justifient leur prise de parole face à une situation sécuritaire et humanitaire jugée "dégradante et préoccupante" et qui fragilise le tissu social.
Cette position des Princes de l'Église sonne comme un recadrage face à certaines voix qui les invitent à ne pas se prononcer sur les sujets politiques, mais plutôt à se focaliser sur l'enseignement de l'évangile.





