RDC : Kabund dresse un réquisitoire sans concession contre le régime Tshisekedi et appelle à la mobilisation

‎L'opposant Jean-Marc Kabund a dressé un tableau sombre de la situation socio-politique de la République démocratique du Congo depuis l'arrivée de Félix Tshisekedi à la tête du pays. C'était lors de la célébration, ce vendredi 24 avril, du quatrième anniversaire de son parti, l'Alliance pour le changement, à Kinshasa, qu'il a qualifiée de " célébration de la victoire du courage face à la répression".

RDC : Kabund dresse un réquisitoire sans concession contre le régime Tshisekedi et appelle à la mobilisation
Jean-Marc Kabund lors de la célébration du 4e anniversaire de son parti

Dans un discours visiblement offensif, l'ex-secrétaire général de l'UDPS-Tshisekedi s'en est vivement pris au pouvoir de Félix Tshisekedi, l'accusant de mauvaise gestion, caractérisée par le détournement, la corruption, la violation des droits humains.

‎Il a ainsi accusé le pouvoir d'entretenir un système de blanchiment d'argent, favorisant des expatriés au détriment de sujets congolais. Dans ce registre, il a dénoncé la surfacturation de différents projets sans impact visible. Il a notamment cité la réhabilitation en cours de l’aéroport international de Ndjili, dont le coût atteindrait 700 millions de dollars, qualifiant ce projet de " scandale financier pour l’État congolais ". 

‎Selon lui, le gouvernement congolais devrait privilégier d’autres projets "prioritaires" plutôt que de consacrer une telle enveloppe à la réhabilitation d’une infrastructure pourtant déjà en activité.

‎Sur le chapitre sécuritaire, il a dénoncé l'absence de l'autorité de l'État sur l'ensemble du territoire national, une situation qu'il estime être à l'origine de l'insécurité galopante en RDC. Sur la même lancée, il a accusé le pouvoir de faire de la guerre d'agression un fonds politique pour sa propre survie. 

‎Sur le plan diplomatique, Jean-Marc Kabund a dénoncé l'accord de migration signé entre Kinshasa et Washington mais aussi les discussions en cours pour la déportation vers ma RDC des Afghans ayant aidé l'armée américaine dans sa guerre contre les Talibans. 

‎"Le Congo n'est pas le 53e État des États-Unis. Comment pouvons-nous accepter de telles choses ? ", s'est-il interrogé.

‎Face à une situation socio-politique qu'il juge chaotique, Jean-Marc Kabund a exprimé sa vive opposition à toute tentative de révision constitutionnelle. Il exclut au passage tout changement de la Constitution, qu'il estime être inconditionnel.

‎"Félix Tshisekedi a intérêt de sortir par la grande porte. C'est à lui de choisir puisque nous n'allons pas le lui imposer", a lancé J.M Kabund, faisant référence au sort des anciens présidents congolais.

‎Il a appelé ses sympathisants à se mobiliser pour exiger le départ "immédiat" du régime de Félix Tshisekedi qu'il accuse de délaisser la population congolaise 

‎"Nous avons un régime totalement inconscient et insouciant vis-à-vis des préoccupations des congolais", a-t-il déclaré. 

‎Enfin, le chef de la Coalition de la gauche a exhorté ses sympathisants à " ratisser large " pour augmenter leure effectifs afin de lutter pour un avenir meilleur. Il a également invité la population Congolaise à ne pas perdre espoir, en dépit de ce qu'il qualifie d'échec du régime en place.