Rentrée judiciaire de la Cour des comptes : Jimmy Munganga dresse un bilan contrasté et appelle à une "obligation de rendre compte"

Le Premier président de la Cour des comptes, Jimmy Munganga, a présenté le concept de redevabilité des gestionnaires publics comme une exigence fondamentale de l’État de droit. C'était lors de la rentrée judiciaire de la haute juridiction financière, tenue mardi 3 mars au Palais du peuple, en présence du président Félix Tshisekedi.

Rentrée judiciaire de la Cour des comptes : Jimmy Munganga dresse un bilan contrasté et appelle à une "obligation de rendre compte"

Pour Jimmy Munganga, la redevabilité est à la fois une obligation morale, juridique et démocratique faite à tout gestionnaire public de rendre compte de l'utilisation des biens et fonds publics. Il a rappelé l'urgence de rompre avec les pratiques d'opacité, de retard, de contournement des procédures et d'impunité. 

‎"Pour la Cour des comptes de la République démocratique du Congo, la redevabilité s’entend comme l’obligation légale institutionnelle faite à tout gestionnaire public de rendre compte de l’utilisation des fonds publics, des biens et valeurs de l’État, des provinces et des entités territoriales décentralisées, ainsi que des résultats de la gestion qui lui est confiée", a-t-il déclaré.

‎Pour le Premier président de la Cour des comptes, cette obligation légale concerne, non seulement les responsables administratifs classiques, mais aussi toute personne, y compris privée, qui intervient dans la gestion des deniers publics.

‎À l'occasion de cette audience solennelle, il a remis au chef de l’État, aux présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat ainsi qu'à la Première ministre, une copie du rapport annuel de l'exercice 2024 - 2025 de la Cour des comptes. 

‎Ce document dresse un état des lieux détaillé des missions de contrôle réalisées par la Cour. Il met en lumière plusieurs irrégularités aux effets jugés particulièrement graves dans certaines institutions publiques et entreprises de l’État. Au regard des insuffisances relevées dans la gestion administrative et financière, la Cour des comptes a formulé des recommandations concrètes visant à corriger les dysfonctionnements et à renforcer la transparence.

‎De son côté, le procureur général près la Cour des comptes, Guy Tshipata, a centré sa mercuriale sur les poursuites de gestion de fait devant la juridiction.