RDC : Constant Mutamba claque la porte de son procès et dénonce un "déni de justice"

Le prisonnier Constant Mutamba a brutalement quitté l'audience de la Cour de cassation, ce lundi 27 juillet, alors que se poursuit le procès qui l'oppose au ministère public dans l'affaire du Fonds de réparation et d'indemnisation des victimes des actes illicites de l'Ouganda (FRIVAO).

RDC : Constant Mutamba claque la porte de son procès et dénonce un "déni de justice"

‎Dès l'ouverture des débats, l'ex garde des Sceaux a vivement contesté la régularité de la procédure. Il a dénoncé l'introduction, selon lui, de fausses mentions dans sa citation à comparaître par les greffiers. Il a également fustigé le refus du tribunal de grande instance de la Gombe d'enregistrer sa propre plainte contre un greffier, y voyant un obstacle à son droit de soulever des exceptions de procédure. 

‎Affirmant ne pas vouloir "cautionner ces irrégularités", Constant Mutamba a quitté la salle d'audience en déclarant, avec une emphase dramatique, qu'il préférait "boire la ciguë comme Socrate" plutôt que de poursuivre dans ces conditions.

‎Pour rappel, Constant Mutamba et l'ex coordonnateur intérimaire du Fonds de Réparation et d'Indemnisation des Victimes des Actes Illicites de l'Ouganda (FRIVAO),Blanchard Bolokola, sont jugés pour plusieurs chefs de détournement de fonds publics. Ces sommes étaient initialement destinées à la réparation des victimes de la guerre de Kisangani.

‎Le parquet évoque notamment des détournements commis entre septembre 2024 et mars 2025 : près de 15 millions de dollars au profit de la société Congo energy, 4 millions de dollars versés à l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), 200 000 dollars à l'Assemblée provinciale de la Tshopo, 1 024 000 dollars à l'entreprise Divo SARL et 175 864,641 dollars à la société Tropic architecture.

‎L'ancien ministre de la Justice avait été condamné le 2 septembre 2025 par la Cour de cassation à trois ans de travaux forcés pour détournement des fonds destinés à la construction d'une prison dans la ville de Kisangani. La juridiction lui avait également infligé 5 ans d'interdiction du droit de vote et d'éligibilité après consommation de sa peine, d'une privation du droit à la libération conditionnelle ou à la réhabilitation, ainsi que d'une exclusion des fonctions publiques. 

Derick Katola