29 ans après sa mort, Mobutu Sese Seko : du "Roi Léopard" à l'ombre de l'Histoire
7 septembre 1997 – 7 septembre 2026, vingt-neuf ans jour pour jour se sont écoulés depuis la mort du maréchal Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Za Banga. Second président de l’histoire de la République démocratique du Congo,alors appelée Zaïre, il a marqué son temps par un règne de trente-deux ans sur le pays.
Arrivé au pouvoir en 1965 à la faveur d’un coup d’État "silencieux" contre Joseph Kasa-Vubu, premier président noir du Congo indépendant, Mobutu s’est imposé comme l’une des figures les plus controversées du continent. Considéré comme l’un des plus grands dictateurs d’Afrique, il régna en maître absolu. Pourtant, la chute de celui que l’on surnommait "l’Aigle de Kawele" fut bien plus brutale que quiconque ne l’aurait imaginé au temps de sa gloire.
L’idole adulée, puis rejetée
Longtemps vénéré par les Congolais, alors appelés Zaïrois, notamment grâce à sa politique d’"authenticité" lancée en 1971, Mobutu a vu son image se dégrader dans les années 1990. Les pillages de 1991 et 1993, déclenchés par des soldats impayés, ont achevé de ruiner le tissu économique du pays et précipité l’effondrement du grand Zaïre.
La fuite vers Rabat
Affaibli par la maladie et chassé du pouvoir en mai 1997 par les troupes de l’AFDL dirigées par Laurent-Désiré Kabila, Mobutu trouva refuge à Rabat, au Maroc. Il y passa ses derniers mois. Selon les récits, seul le roi Hassan II, son allié et ami, accepta d’accueillir le "vieux léopard", devenu encombrant pour ses anciens soutiens occidentaux après l’échec de la transition démocratique qu’il avait tenté d’amorcer en avril 1990.
Mort d’un cancer de la prostate
À l’âge de 66 ans, Mobutu s’éteignit le 7 septembre 1997 à l’hôpital militaire de Rabat, des suites d’un cancer de la prostate diagnostiqué plusieurs mois plus tôt. Il avait commencé à se faire soigner en 1996 dans des cliniques en Suisse et en France avant de trouver asile au Maroc.
Des funérailles secrètes pour celui qui se croyait éternel
Sa dépouille fut inhumée discrètement au cimetière chrétien de Rabat, loin des caméras, en présence d’une poignée de proches. À ce jour, ses restes n’ont toujours pas été rapatriés en République démocratique du Congo. Le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo s’était pourtant engagé auprès de sa famille à rapatrier la dépouille de Mobutu, comme cela avait été fait pour celle de Patrice Emery Lumumba, premier Premier ministre du pays.
Ni statue officielle, ni jour férié
Aujourd’hui, seuls de vieux documentaires rappellent aux plus jeunes ce que fut le règne du maréchal Mobutu. Depuis 1997, le 7 septembre reste un jour ouvrable comme les autres. Peu de Congolais connaissent ne serait-ce que la date de sa mort. Malgré ses trente-deux ans de pouvoir, aucune statue officielle ne lui rend hommage dans le pays. Une unique statue en bronze, représentant sa tête, a été inaugurée en 2021 devant la mairie de Gbadolite, dans la province du Nord-Ubangi, à l’initiative d’une fondation privée.
Néanmoins, des infrastructures héritées de son époque, le stade des Martyrs, l’échangeur de Limete, le pont Maréchal, la tour de la RTNC et bien d’autres joyaux architecturaux, continuent de plonger les générations actuelles dans le souvenir du "Roi Léopard".
C.K





