Justice malade en RDC: Maître Carlos Ngwapitshi dénonce le clientélisme et le favoritisme au sein du Conseil supérieur de la magistrature

Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) constitue aujourd'hui un véritable frein à l’indépendance de la justice en République démocratique du Congo (RDC). C’est le constat accablant dressé par Maître Carlos Ngwapitshi, avocat au barreau de Kinshasa-Gombe lors de son intervention dans l'émission "Dites-nous la vérité".

Justice malade en RDC: Maître Carlos Ngwapitshi dénonce le clientélisme et le favoritisme au sein du Conseil supérieur de la magistrature
Me Carlos Ngwapitshi, avocat

Pour ce juriste, l’institution censée incarner l’autorité judiciaire en RDC ne remplit pas correctement sa mission et fait preuve d’une complaisance inquiétante. 

Il dénonce notamment un système gangréné le clientélisme et le favoritisme dans les affectations des magistrats.

‎"Il faut que le CSM aujourd'hui prenne ses responsabilités, parce qu'ayant le pouvoir disciplinaire sur les magistrats, c'est le CSM qui devrait nous montrer l'exemple", a-t-il déclaré.

Maître Carlos Ngwapitshi regrette que les magistrats véreux ne soient pas systématiquement révoqués malgré les procédures disciplinaires engagés contre eux, des procédures qui, selon lui, n’aboutissent que rarement. 

‎"Il y a beaucoup qui sont initiés mais qui n'évoluent pas. Au premier degré, il peut être condamné à la révocation mais au niveau de la Chambre nationale, on rabat la peine. Il bénéficie des circonstances atténuantes pour tomber sur la suspension. Il n'y a pas de contrainte", déplore-t-il.

Face à ce tableau sombre, Maître Ngwapitshi propose la création des Chambres disciplinaires autonomes, indépendantes du Conseil supérieur de la magistrature afin de sanctionner les magistrats fautifs.

‎"Vous avez Près chaque Cour d'appel, une Chambre disciplinaire qui est gérée de manière indépendante du CSM. C'est-à-dire, une Chambre qui peut être composée de personnalités de bonne moralité: vous avez des professeurs d'universités, des magistrats retraités, des avocats expérimentés. En ce moment là, si la hiérarchie vous avez donné un ordre manifestement illégal, vous l'avez exécuté, devant la Chambre disciplinaire, vous serez en face des personnes qui ne vont pas recevoir les ordres de cette hiérarchie", explique-t-il. 

L’avocat rejette l’idée d’élargir la composition du CSM à d’autres personnalités, tel que suggéré lors des états généraux de la justice.

‎"Le CSM peut rester dans son format mais il faut mettre des garde-fous", insiste-t-il, tout en martelant sur nécessité de créer des Chambres indépendantes pour servir de contre-poid.

‎Maître Carlos Ngwapitshi appelle les magistrats à prendre conscience de leur rôle et à exercer leurs fonctions en toute indépendance, pour guérir la justice congolaise.