Crise dans l'Est de la RDC : le président Burundais Évariste Ndayishimiye plaide pour une application stricte des différentes résolutions, notamment celles adoptées par l'ONU
Le président burundais Évariste Ndayishimiye a exprimé, jeudi 15 janvier 2026, sa vive préoccupation face à la situation sécuritaire dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), marquée par la poursuite des affrontements entre les forces gouvernementales et le mouvement rebelle AFC-M23, soutenu par le Rwanda. Il s'est exprimé lors de la cérémonie d’échange de vœux avec le corps diplomatique et consulaire accrédité au Burundi.
Face aux diplomates, le chef de l'État burundais a insisté sur la mise en œuvre "sans faille" des différentes décisions et résolutions déjà adoptées, notamment par le Conseil de sécurité de l'ONU, afin de résoudre cette crise prolongée.
"Le Burundi appelle également à la concrétisation des décisions issues des sommets des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté d’Afrique de l’Est et de la SADC, des accords de Washington et de Doha, ainsi que des décisions et recommandations pertinentes de l’Union africaine concernant la situation en RDC, en particulier dans la région des Grands Lacs. Nous prions Dieu pour que cette guerre n’embrase pas toute la région, mais le Burundi en paie déjà le prix", a-t-il déclaré.
Dans la même veine, le président Ndayishimiye a plaidé pour le renforcement du mandat de la Mission des Nations unies pour la stabilisation du Congo (MONUSCO) qui devrait selon lui jouer un rôle actif d'interposition à la frontière entre la RDC et le Rwanda.
"Si on activait la Monusco pour assurer la force d'interposition réelle, une force neutre d'interposition qui va entre la frontière du Rwanda et celle du Congo, comme ça le Rwanda aura la garantie de ne pas être attaqué, et le Congo pourrait retrouver la paix et entamer un processus de paix intérieur. Il faut renforcer la force de la MONUSCO pour la rendre plus active comme ça toutes les parties pourront respecter les engagements pris", a souligné Évariste Ndayishimiye.
Il a également invité les États-Unis de jouer leur rôle de garant de l'accord de Washington, afin d’accentuer la pression sur les parties pour assurer le respect des engagements.
Pour le président burundais, aucun processus de paix ne pourra être engagé sans un cessez-le-feu effectif et sans le cantonnement des combattants.
"Il n’est pas possible que le Congo entame le processus de paix tant qu’il n’y a pas de cessez-le-feu, tant qu’il n’y a pas de séparation des forces, de désengagement, tant que les combattants ne sont pas cantonnés pour entamer le processus", a-t-il expliqué.
Le Burundi, allié de Kinshasa, redoute une extension régionale de la crise, d'autant plus que des rebelles burundais Red Tabara, qualifiés de "terroristes", par Bujumbura, opèrent aux côtés de l'AFC-M23 aux portes du territoire burundais.





