RDC : le BCNUDH dénombre plus de 1500 victimes de violences sexuelles liées au conflit dans l'Est du pays en 2025
Le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) tire la sonnette d’alarme sur les violences sexuelles liées au conflit en République démocratique du Congo (RDC). Dans un rapport publié dimanche 8 mars, l'organe onusien a recensé 1 534 victimes pour l'année 2025, principalement dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, qui concentrent près de 80 % des cas.
Ce document souligne l'utilisation systématique du viol comme arme de guerre, avec notamment des situations d’esclavage sexuel imposé à des femmes et des filles par des groupes armés, ainsi que la naissance d’enfants issus de viols.
"En 2025, le BCNUDH a documenté 887 cas de violences sexuelles ayant affecté 1 534 victimes, dont une majorité écrasante de femmes (854) et de filles (672). L'Est du pays demeure l'épicentre de cette tragédie, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu concentrant à eux seuls près de 80% des victimes documentées", peut-on lire dans le document.
Parmi les responsables de cette situation, le rapport place en première ligne les groupes armés, avec en tête le M23, accusé d'être impliqué dans des violences ayant fait 439 victimes. Viennent ensuite les groupes Wazalendo, la CODECO, divers groupes Maï-Maï, les FDLR et les ADF.
Le BCNUDH note également l'implication d'acteurs étatiques, dont les Forces armées congolaises (FARDC), la police nationale congolaise (PNC) et l'Agence nationale des renseignements (ANR), dans 19% des cas documentés.
"Le rapport met en lumière des crimes atroces : Des femmes et filles sont maintenues en captivité prolongée, soumises à des viols répétés et des grossesses forcées", indique le BCNUDH, qui dénonce une prise en charge défaillante des victimes de ces traumatismes.
Face à cette situation, le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme appelle les autorités congolaises à accélérer les poursuites judiciaires contre les auteurs de ces crimes et à garantir l'enregistrement systématique à l'état civil de tous les enfants nés du viol pour, dit-il, "briser le cycle de l'exclusion". Il exhorte également les groupes armés à cesser les hostilités, à libérer les femmes et les filles maintenues en captivité et à mettre fin à l'exclavage sexuel.





