Congrès de l'UDPS-Tshisekedi sous tension : Déo Bizibu dénonce le gonflement des effectifs des commissions et des infiltrations

Le secrétaire général adjoint chargé des questions politiques et administratives de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS-Tshisekedi), Déo Bizibu, est monté au créneau pour contester les récentes décisions de son titulaire, Augustin Kabuya. La nomination des membres des commissions techniques préparatoires du Congrès du parti, prévu du 10 au 14 décembre, est au cœur de la polémique.

Congrès de l'UDPS-Tshisekedi sous tension : Déo Bizibu dénonce le gonflement des effectifs des commissions et des infiltrations
De gauche à droite, Déo Bizibu SGA et Augustin Kabuya SG de l'UDPS-Tshisekedi

Dans une correspondance adressée au secrétaire général, Déo Bizibu dénonce avec véhémence le "gonflement" des effectifs de deux commissions clé : celle chargée de préparer le Congrès et celle dédiée à la révision des statuts. Il affirme que la première est passée de 75 à 184 membres et la seconde de 50 à 132.

‎"Une Commission de plus de 150 membres, Monsieur le Secrétaire Général, ceci constitue un véritable dilettantisme qui plombera à coup sûr le bon fonctionnement desdites Commissions", a-t-il averti.

‎Pour le secrétaire général adjoint, cette manœuvre, contraire aux quotas validés par l’Exécutif national, vise à fausser les équilibres internes à l'approche de ce grand rendez-vous. 

‎Il qualifie ces décisions de "dérives graves", de "manquements stratégiques" et même d’un "mépris ouvert" envers les orientations de la Haute autorité de référence de l'UDPS-Tshisekedi.

‎"En décidant de nommer les membres des bureaux de ces deux Commissions, Monsieur le Secrétaire Général, il s'agit là de la violation de cette orientation de la Haute Autorité de Référence du Parti, ce qui constitue par ailleurs, un manque de respect à la Haute Autorité de Référence du Parti", a-t-il écrit. 

‎L'accusation va plus loin. Déo Bizibu fustige également des infiltrations, citant nommément un ancien candidat député du Kasaï central, qu'il présente comme membre d'une autre formation politique, l'AFDC. Il y voit une violation frontale des statuts de leur parti.

‎"Par ailleurs. Monsieur le Secrétaire Général, il est constaté que certaines personnes dont les noms figurent dans les différentes listes sont des membres des partis politiques autres que l'UDPS/TSHISEKEDI", a-t-il insisté.

‎Pour éviter la paralysie des travaux préparatoires, Déo Bizibu exige un retour aux décisions initiales : le rétablissement immédiat des effectifs originels (75 et 50 membres), le strict respect des orientations de la Haute autorité et l'"exfiltration" des membres sans légitimité au sein de l'UDPS-Tshisekedi.

‎Cette prise de parole publique fait resurgir au grand jour les dissensions internes qui minent le parti présidentiel. La trêve et la réconciliation entre les différentes factions, obtenues grâce à l'intervention du président Félix Tshisekedi, semblent voler en éclats à trois semaines d'un Congrès censé apaisé et restructuré cette formation politique.