Sit-in du 12 juin : la CNDH écarte tout décès mais pointe des violations des droits humains
La Commission nationale des droits de l'homme (CNDH) n'a documenté aucun décès lors du sit-in organisé par l'opposition le 12 juin dernier aux abords du Palais du peuple, à Kinshasa. Son rapport, rendu public ce lundi 20 juillet, contredit plusieurs accusations antérieures.
Selon le président de la CNDH, Paul Nsapu, l'enquête menée du 22 juin au 14 juillet 2026 a permis de vérifier le sort des personnes victimes de ces incidents. Parmi les cas signalés, celui d'un militant de l'opposition, dont la mort avait été largement relayée sur les réseaux sociaux, s'est avéré infondé.
"Aucun mort n'a été documenté par notre équipe d'enquête. La personne dont l'image a circulé sur les réseaux et donnée pour morte a été visitée par la commission d'enquête à l'hôpital. Elle en est sortie et a déjà repris ses activités professionnelles", a-t-il déclaré.
Toutefois, l'institution reconnaît que des violations des droits humains ont eu lieu lors de la répression de ce rassemblement. Elle fait état de blessés, d'arrestations arbitraires et d'un recours excessif à la force de la part des forces de l'ordre.
Pour remédier à ces manquements, la CNDH formule plusieurs recommandations , parmi lesquelles : le renforcement du cadre juridique des manifestations, la professionnalisation de la PNC et l'ouverture d'enquêtes judiciaires indépendantes.
Ce rapport vient contredire les accusations portées par la coalition Article 64, la Conférence épiscopale nationale du Congo et l'ONG Human Rights Watch, qui avaient toutes évoquées au moins un mort lors de ces incidents. Ces allégations avaient déjà été rejetées par le gouvernement congolais, lequel avait dressé un bilan de 20 blessés, dont 15 policiers.
Face à ces versions contradictoires, le Parquet général près la Cour de cassation a ouvert une information judiciaire afin de faire toute la lumière sur ce dossier. Dans ce cadre, le président du Conseil national du suivi de l'accord de la Saint-Sylvestre, Joseph Olengankoy, a été auditionné pendant deux jours. Ce dernier avait affirmé que la répression de ce sit-in avait causé au moins 10 morts. Cependant, devant l'Office du ministère public, il a rejeté la paternité des comptes sur les réseaux sociaux créés en son nom, écartant toute responsabilité dans la diffusion de cette information.
Derick Katola





