Réformes constitutionnelles : pour Dénis Mukwege, le problème n'est pas la Constitution mais ceux qui gouvernent
Le Prix Nobel de la paix 2018, le docteur Dénis Mukwege, a mis en garde contre toute tentative visant à permettre un troisième mandat au président Félix Tshisekedi, affirmant que les principes de base de la démocratie sont à nouveau en danger en République démocratique du Congo.
Dans une déclaration publiée le dimanche 17 mai 2026, le docteur Dénis Mukwege a appelé au respect de l’alternance démocratique.
"Alors que le pays traverse une crise multiforme et fait face à une menace existentielle suite à la dernière guerre d’agression et d’occupation dans l’Est de la RDC, la Nation semble à la merci d’un homme, le Président de la République, et d’un regroupement de partis politiques, l’Union sacrée, qui cherchent à s’accrocher au pouvoir en érigeant un système basé sur le culte de la personnalité, au mépris du principe de l’alternance démocratique, après un bilan désastreux en matière de gouvernance sécuritaire, économique et sociale", peut-on lire dans le document.
Il a rejeté toute modification de la Loi fondamentale en période de guerre, et plus encore l'organisation d'un référendum, tout en exhortant les Congolais à se concentrer sur les priorités sécuritaires, notamment la restauration de la paix dans l’Est du pays.
Pour Dénis Mukwege, le problème de la RDC n'est pas un texte constitutionnel inadapté ou imposé de l'extérieur, mais l'absence de femmes et d'hommes capables de gouverner efficacement en garantissant à la population "la paix, la justice, le travail et la dignité pour tous".
"... nous joignons notre voix aux compatriotes proclamant que la Nation ne doit se concentrer que sur les priorités existentielles du pays : mettre fin à la guerre dans l’Est et restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national", a-t-il déclaré.
Le Prix Nobel de la paix 2018 craint que cette nouvelle période d’instabilité institutionnelle, marquée par des contestations contre toute modification constitutionnelle, n’enfonce le pays dans des tensions mettant en péril la cohésion sociale
"Nous exhortons le régime en place à ne pas plonger la Nation dans le débat explosif sur la modification du contrat social, notamment le nombre et la durée des mandats présidentiels", a lancé le docteur Dénis Mukwege.





