RDC : voici les grandes lignes du nouveau mandat de la Monusco
Le Conseil de sécurité de l'ONU a renouvelé, à l'unanimité, le mandat de la Mission des Nations-Unies pour la stabilisation du Congo (MONUSCO) jusqu'au 20 décembre 2026. C'était lors d'une réunion du Conseil de sécurité tenue vendredi 19 décembre 2025.
La résolution 2808 prorogeant ce mandat a condamné les avancées du groupe rebelle AFC-M23 et a mis en garde contre une déstabilisation régionale accrue.
Si la Chine a indiqué que la MONUSCO ne devait servir les intérêts politiques d'aucun pays, les États-Unis ont, affirmé que les négociations ayant conduit au vote avaient été perturbées par les actes de l'AFC-M23 et du Rwanda, qui selon Washington, sapent les efforts de paix.
Voici les grandes lignes du nouveau mandat de la Monusco :
- La prorogation du mandat acte de fait une pause dans le désengagement annoncé;
- Le Conseil rappelle que le retrait progressif de la MONUSCO reste conditionné à "un renforcement amélioré et simultané des capacités et de l’autorité de l’État", condition loin d’être remplie dans l’est du pays;
- La reprise des combats, l’effondrement de l’accès humanitaire et la multiplication des déplacements forcés ont rendu politiquement et sécuritairement impossible toute réduction significative de la présence onusienne;
- La résolution souligne d’ailleurs que la zone d’opérations de la mission demeure limitée au Nord-Kivu et à l’Ituri, tout en autorisant des activités de surveillance liées au cessez-le-feu au Sud-Kivu;
- Une géographie du mandat qui épouse celle de la crise, au fil de fronts mouvants et de lignes de fracture communautaires;
- Sur le terrain, la MONUSCO est sommée de tenir une ligne étroite : protéger les civils sans se substituer à un État souverain, soutenir les forces congolaises tout en conditionnant son appui au respect du droit international humanitaire;
- Le texte rappelle que toute assistance aux opérations conjointes devra être strictement conforme à la "politique de diligence voulue en matière de droits de l’homme" des Nations Unies, faute de quoi elle sera suspendue;
- Sur le plan politique, la résolution soutient les efforts de médiation – de Luanda à Nairobi, de Washington à Doha – tout en réaffirmant le rôle central de l’Union africaine;
- Elle autorise la MONUSCO à appuyer la mise en œuvre d’un cessez-le-feu permanent, à condition que celui-ci cesse d’être un horizon diplomatique sans traduction militaire;
- Dans un pays où la présence onusienne est régulièrement contestée par une partie de l’opinion, le Conseil insiste enfin sur l’importance d’une "communication stratégique dynamique", appelant la mission à mieux expliquer son mandat et à contrer les campagnes de désinformation qui minent sa légitimité;
- Plus de 25 ans après l’arrivée des premières opérations de paix en République démocratique du Congo, la MONUSCO demeure l’une des missions les plus robustes et les plus exposées de l’ONU. Sa prolongation n’est ni un blanc-seing ni un tournant stratégique. Elle est le symptôme d’un conflit qui résiste aux calendriers, et d’une paix que la communauté internationale, faute d’alternative crédible, continue de tenter de contenir plutôt que de résoudre;
- Malgré son retrait du Sud-Kivu, la MONUSCO dispose toujours à l’heure actuelle de près de 10 000 Casques bleus et plus de 1 000 officiers de police, déployés au Nord-Kivu et en Ituri, une province voisine où de nombreux groupes armés autres que le M23 sévissent.





