L'envers du décor de Déo Kasongo : businessman médiatique et bourreau de ses travailleurs

Alors qu'il s'apprête à accueillir la légende du ring Mike Tyson à Kinshasa en mobilisant des fonds considérables pour le cinquantenaire du "Combat du Siècle" entre Muhammad Ali et George Foreman, l'entrepreneur congolais Déo Kasongo vit lui-même un double jeu des plus troublants.

L'envers du décor de Déo Kasongo : businessman médiatique et bourreau de ses travailleurs

Derrière l'image du brillant homme d'affaires et du philanthrope, candidat à deux reprises au gouvernorat de la capitale, se cache un employeur impitoyable, accusé de faire vivre un calvaire à ses propres travailleurs.

‎Au sein de son empire médiatique et commercial, comprenant des entités comme Divo International, Buzz FM, Infos.cd, Showbuzz et Ciné Buzz, la colère gronde. Les employés dénoncent des arriérés de salaires massifs, qui plongent de nombreuses familles dans une précarité insoutenable. 

‎Pour ces agents, les mois se succèdent et se ressemblent, rythmés par les promesses non tenues et le silence assourdissant de la direction.

‎Leur détresse est d'autant plus grande que leurs doléances répétées semblent se heurter à une insensibilité déconcertante. Pourtant, dans le même temps, Déo Kasongo cultive assidûment son image publique de "donneur de leçons" dans les médias et sur les réseaux sociaux. 

‎Il se présente souvent en défenseur de valeurs morales, n'hésitant pas à instrumentaliser le nom de Dieu et à se réclamer du président Félix Tshisekedi pour asseoir sa crédibilité.

‎Ce décalage saisissant entre le discours vertueux et les pratiques sociales délétères pose une question fondamentale, que les salaires impayés de ses employeurs adressent en creux à l'homme d'affaires : la charité bien ordonnée ne commence-t-elle pas par soi-même ? 

‎Alors qu'il finance un spectacle à la gloire des géants du passé, ses propres collaborateurs attendent, dans l'ombre, que leur patron cesse d'être leur premier bourreau.