Kinshasa : deux prêtres catholiques interpellés par des "services spéciaux" et rançonnés de 700 USD au Rond-point Ngaba
La capitale congolaise est secouée par une nouvelle affaire qui ravive les souvenirs douloureux des années sombres de la gouvernance sécuritaire. L'activiste des droits de l'homme Jean-Claude Katende a tiré la sonnette d'alarme ce vendredi 6 novembre, dénonçant des pratiques "rétrogrades" et des extorsions de fonds par des agents des services spéciaux opérant au Rond-point Ngaba, dans la commune de Lemba.
Selon la dénonciation rendue publique par le défenseur des droits humains, deux prêtres catholiques, l'abbé Emmanuel Nyamankuru de l'archidiocèse de Bukavu et l'abbé Lambert Museka de l'archidiocèse de Kananga, ont été interpellés le jeudi 5 novembre alors qu'ils se rendaient à leurs cours à leur Université située dans la commune de Mont-Ngafula.
Les motifs de cette arrestation soulèvent l'indignation. Les agents des services spéciaux auraient accusé l'abbé Emmanuel d'être un "collaborateur" du chef rebelle Corneille Nangaa. Pour recouvrer la liberté, les deux hommes d'Église ont été contraints de céder une somme de 700 dollars américains qu'ils transportaient. Selon M. Katende, ces fonds étaient spécifiquement destinés au paiement des frais académiques des deux étudiants.
L'activiste souligne que ces pratiques de fouilles systématiques des sacs et des téléphones, justifiées par la recherche d'"effets militaires" ou de "messages et images contre le chef de l'État", étaient monnaie courante entre 2015 et 2018 sous la présidence de Joseph Kabila.
Jean-Claude Katende rappelle qu'à l'avènement du Président Félix Tshisekedi, ces pratiques avaient cessé, laissant espérer une amélioration des relations entre les forces de l'ordre et les citoyens.
"Maintenant, elles refont surface", déplore-t-il, pointant du doigt une régression inquiétante en matière de libertés publiques et de sécurité des personnes.
Face à cette situation, Jean-Claude Katende lance un appel pressant aux autorités congolaises. Il exige que des mesures fermes soient prises pour mettre un terme à ces "pratiques rétrogrades" et pour que les responsables de ces abus soient identifiés et sanctionnés.




