Judith Suminwa à l'ONU : un réquisitoire sécuritaire contre l'agression rwandaise et l'impunité internationale
Devant la 81e Assemblée générale des Nations Unies, la Première ministre congolaise, Judith Suminwa, a placé la crise sécuritaire à l'Est de la RDC au cœur de son discours, dénonçant une "guerre d'agression" menée par le Rwanda sous couvert de l'AFC/M23 et appelant à l'exécution effective des résolutions du Conseil de sécurité.
Portant la vision du président Félix Tshisekedi à la tribune de l'ONU, la cheffe du gouvernement congolais a livré un plaidoyer centré sur la sécurité, érigeant la situation dans l'Est de la République démocratique du Congo en illustration la plus douloureuse de l'écart entre les engagements internationaux et la réalité vécue par les populations.
Devant les chefs d'État et de gouvernement, Judith Suminwa a rappelé que "depuis plus de trois décennies, des millions de Congolaises et de Congolais subissent les attaques, les déplacements forcés et le deuil". Territoires occupés, familles dispersées, violences sexuelles massives contre les femmes et les filles, enfants recrutés ou privés d'école : le tableau dressé est celui d'une crise humanitaire et sécuritaire qui perdure.
Le discours pointe directement le rôle du Rwanda, accusé de mener une "guerre d'agression" sur le sol congolais "sous couvert de l'AFC/M23, en violation de sa souveraineté et de son intégrité territoriale, comme l'ont documenté les Nations Unies". Les atrocités commises par d'autres groupes armés, notamment les ADF et la CODECO, sont également dénoncées comme facteurs d'aggravation de la crise.
La diplomatie comme voie, la résolution 2773 comme boussole
Face à cette épreuve, Kinshasa revendique avoir "choisi la voie de la diplomatie, sans jamais renoncer à ses droits". Sont cités l'Accord de paix signé à Washington le 27 juin 2025, les engagements du processus de Doha et la feuille de route harmonisée de l'Union africaine. La Première ministre salue l'engagement des États-Unis, du Qatar, de l'Union africaine et des facilitateurs africains — tout en reconnaissant que "pour des millions de Congolais, cette paix demeure encore une promesse".
Le pivot du volet sécuritaire réside dans la résolution 2773 (2025) du Conseil de sécurité, dont les exigences sont énumérées sans ambiguïté : cessation effective des hostilités, retrait des forces rwandaises du territoire congolais, fin de tout soutien aux groupes armés, désengagement de l'AFC/M23, démantèlement des administrations parallèles, rétablissement de l'autorité de l'État, accès humanitaire sans entrave et retour sûr et digne des déplacés et réfugiés.
Le message adressé à la communauté internationale est limpide : "Nous n'attendons pas de nouveaux textes pour remplacer ceux qui ont déjà été adoptés. Nous attendons leur exécution."
In fine, le message sécuritaire de Kinshasa tient en une exigence : que la promesse des Nations Unies cesse d'être une promesse pour devenir une protection effective, y compris — et surtout — lorsque le droit coûte.





