Agression rwandaise : Judith Suminwa déclare caduc le prétexte sécuritaire de Kigali lié aux FDLR devant l'ONU
Du haut de la tribune de la 81e Assemblée générale des Nations Unies, la Première ministre congolaise, Judith Suminwa, a affirmé que le protocole signé le 30 mai 2026 par la direction politique et militaire des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) prévoit leur désarmement, leur démobilisation et le cantonnement de leurs combattants en vue d'un rapatriement ou d'une relocalisation, sans préjudice des poursuites judiciaires pour crimes graves, jusqu'à la dissolution du mouvement.
Pour la cheffe du gouvernement congolais, le prétexte avancé par le Rwanda pour justifier sa présence militaire ne tient plus au regard de cette avancée.
"La question des FDLR ne saurait donc plus servir de prétexte au maintien d'une présence militaire étrangère sur notre territoire", a souligné Judith Suminwa, prenant notamment pour exemple le rapatriement, le 8 septembre dernier, de 120 personnes associées aux FDLR avec l'appui de la MONUSCO, qui en constitue une première traduction concrète.
Par la voix de sa Première ministre, la RDC a par ailleurs conditionné la mise en œuvre coordonnée des mécanismes de Washington, de Doha et de l'Union africaine à un calendrier précis, une vérification indépendante, un partage régulier de l'information et des conséquences effectives en cas de violation.
Sur un autre volet, la Première ministre a reconnu à la MONUSCO un "rôle essentiel dans la protection des civils, le suivi du cessez-le-feu et l'appui aux mécanismes convenus", alors que se profile la question de l'avenir de la Mission de l'ONU en RDC.
Selon elle, toute évolution de sa présence devra être déterminée par les conditions de sécurité sur le terrain, le renforcement des capacités nationales et la garantie qu'"aucun vide ne sera laissé au détriment des populations".
En parallèle, Kinshasa promet d'assumer pleinement ses responsabilités : poursuite des réformes des institutions de défense et de sécurité, renforcement de l'autorité de l'État et reconstruction des territoires affectés par les conflits.





